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Comment composter en appartement\u00a0 : mode d’emploi concret

Au fil de l’article

    Depuis le 1er janvier 2024, les particuliers doivent trier leurs déchets alimentaires. Dans un petit logement, la place manque souvent, et le choix entre les solutions reste flou.

    Ce mode d’emploi du compost d’appartement vous montre comment choisir votre système, le mettre en route et utiliser le résultat.

    Le lombricomposteur convient aux petits logements

    Choisir son système

    Le lombricompostage transforme les déchets de cuisine grâce à des vers rouges, surtout des espèces du genre Eisenia. Le bac produit un compost solide. Un liquide s’écoule dans le compartiment inférieur.

    Le bokashi ne donne pas directement un compost mûr. Les déchets fermentent dans un seau hermétique. Un activateur à base de son de céréales et de micro-organismes accélère la fermentation. Ensuite, la matière doit finir de se décomposer dans un composteur ou dans un sol sans plantation.

    Un composteur rotatif peut rester sur un balcon. Il demande un brassage après chaque apport. Il produit un compost frais en environ six semaines. Avant l’usage auprès des plantes, comptez encore trois à cinq mois de maturation.

    CritèreLombricomposteurBokashiComposteur partagé ou collecte
    PrincipeDes vers décomposent les déchets dans plusieurs bacs superposés.Une fermentation acide se déroule dans un seau fermé.Les déchets sont déposés dans un site ou un bac géré par la collectivité.
    Place nécessaireUne cuisine, un placard ventilé ou un balcon protégé.Une cuisine ou un espace intérieur stable.Un seau de stockage chez vous, puis un point de dépôt.
    Déchets acceptésÉpluchures, marc de café, thé, coquilles d’œufs et petites quantités de déchets végétaux.Déchets alimentaires variés, selon les consignes du dispositif.Les biodéchets autorisés par le site ou la collectivité.
    RésultatUn compost mûr en environ quatre mois et un liquide à diluer.Une matière fermentée qui doit encore se décomposer.Un compost ou un digestat produit hors du logement.
    ContraintesIl faut surveiller l’humidité, la température et les apports.Il faut acheter ou renouveler l’activateur et disposer d’un débouché.Il faut respecter les horaires, les accès et les consignes locales.
    CoûtLe bac, les vers et la litière constituent le matériel de départ.Le seau et l’activateur représentent les dépenses principales.Le matériel peut être fourni ou aidé par la collectivité.

    Les tarifs varient selon le matériel et le territoire. Certaines collectivités vendent un lombricomposteur à tarif réduit. D’autres accordent une aide à l’achat, ou en distribuent gratuitement, sous conditions.

    Pour un logement sans extérieur, le lombricomposteur produit directement une matière utilisable pour les plantes. Le bokashi prend moins de place et accepte davantage de restes. Il faut toutefois prévoir un endroit pour terminer la décomposition.

    Installation et contraintes

    Placez le lombricomposteur à l’abri du soleil, de la pluie et du gel. Une température comprise entre 15 et 25 °C convient à l’activité régulière des vers.

    Une cuisine, une cave, un garage ou un local non chauffé peuvent convenir. Le placard doit rester ventilé. Le balcon ne convient que si le bac est protégé des fortes chaleurs, du froid et des intempéries.

    Le lombricomposteur produit du compost et du liquide. Il faut donc prévoir un débouché pour ces matières :

    • des plantes ou des jardinières ;
    • un potager partagé ;
    • un proche qui pourra utiliser ces matières.

    Le bokashi demande lui aussi un débouché pour sa matière fermentée. Elle doit finir de se décomposer dans un composteur ou dans un sol sans plantation.

    Le tri des biodéchets dépend aussi de votre collectivité

    Règles et solutions locales

    Depuis le 1er janvier 2024, les particuliers doivent trier leurs déchets alimentaires. Cette règle n’oblige pas à acheter un composteur individuel.

    La collectivité responsable de la collecte doit proposer une solution adaptée à son territoire. Elle peut :

    • organiser une collecte en porte-à-porte ;
    • installer des points d’apport volontaire ;
    • développer des composteurs partagés.

    Les biodéchets comprennent :

    • les épluchures ;
    • les restes de repas ;
    • le pain ;
    • le marc de café ;
    • les coquilles d’œufs ;
    • les déchets de jardin.

    Les consignes d’un composteur de quartier sont parfois plus strictes. Elles diffèrent de la collecte séparée.

    Consultez le site de votre mairie, de votre intercommunalité ou du service local des déchets avant d’acheter du matériel. Vérifiez le type de bac fourni. Vérifiez les déchets acceptés et l’emplacement des bornes les plus proches.

    Règles d’accès et compostage partagé

    Un composteur partagé peut se trouver au pied d’un immeuble. Il peut aussi être dans un quartier ou un espace vert collectif. Son fonctionnement repose sur des consignes affichées. Une personne formée assure un suivi régulier.

    Demandez au syndic, au bailleur ou à la mairie si un site existe près de votre logement. Pour créer un site en résidence, il faut en général un espace adapté. Il faut aussi l’accord du gestionnaire. Des habitants prêts à participer au suivi sont nécessaires.

    Attention : ne déposez pas vos déchets dans un composteur collectif sans vérifier les règles du site. Les déchets carnés, les restes cuisinés et les sacs compostables peuvent être refusés. Ils peuvent l’être même s’ils sont biodégradables.

    Le lombricomposteur se prépare avant les premiers apports

    Mise en route

    Installez les bacs, la grille et le robinet selon la notice du modèle. Vérifiez que le liquide peut s’écouler vers le bac inférieur. Gardez les aérations dégagées.

    Préparez une litière humide avec du carton brun, du papier non glacé, des copeaux fins ou de la paille. Elle doit être humide au toucher, sans que l’eau ne coule quand on la presse.

    Déposez les vers sur cette litière et laissez le bac fermé dans un endroit calme. Attendez deux à trois semaines avant d’augmenter les apports. Les vers s’acclimatent pendant cette période.

    Commencez avec de petites quantités de déchets coupés. Répartissez-les en surface ou sous la litière. Augmentez les apports petit à petit, selon la vitesse de disparition des déchets.

    Dimensionnement et emplacement

    Les vers consomment en moyenne une quantité de biodéchets proche de leur propre poids par jour. Une production de 250 g de déchets par jour demande donc au moins 250 g de vers.

    Ne prélevez pas les vers dans un jardin. Les vers rouges adaptés au lombricompostage sont vendus avec le matériel ou par des fournisseurs spécialisés. Ne mélangez pas plusieurs espèces dans le même bac.

    Le bac doit rester humide, sans être détrempé. Une poignée de matière bien équilibrée ressemble à une éponge humide. Sous une pression normale, elle ne libère pas d’eau.

    Pour l’emplacement, retenez ces règles :

    • Sur un balcon : le bac à l’ombre, contre un mur abrité.
    • À l’intérieur : loin d’un radiateur et d’une fenêtre exposée au plein soleil.
    • À l’intérieur : loin d’un réfrigérateur ou d’une machine à laver, qui peuvent transmettre des vibrations.

    Les apports doivent rester adaptés aux vers

    Déchets à déposer

    Vous pouvez déposer :

    • les épluchures de fruits et de légumes ;
    • les fruits abîmés ;
    • le marc de café ;
    • les feuilles de thé ;
    • les coquilles d’œufs écrasées ;
    • les petits morceaux de carton non glacé.

    Coupez les déchets en morceaux de quelques centimètres. Une surface découpée se décompose plus vite. Elle laisse aussi davantage de passages d’air dans le bac.

    Les coquilles d’œufs broyées apportent une matière minérale et limitent le tassement. Le carton brun et les boîtes d’œufs fournissent une matière sèche. Elle est utile quand les apports sont très humides.

    Attention : n’ajoutez pas de viande, de poisson, d’os, de produits laitiers ni de restes épicés ou très salés. Ces déchets peuvent attirer des nuisibles. Ils peuvent aussi déséquilibrer le milieu du bac.

    Écartez aussi les agrumes, l’ail, les oignons et les poireaux dans un lombricomposteur. Ces aliments peuvent gêner les vers. Le risque est plus grand quand ils sont déposés en quantité.

    Équilibre du compost

    Les déchets de cuisine contiennent beaucoup d’eau. Ajoutez régulièrement du carton brun déchiré. Ajoutez aussi du papier non glacé ou une litière sèche. Ils absorbent cette humidité.

    Recouvrez les nouveaux apports d’une fine couche de litière. Le contenu reste ainsi moins exposé à l’air. Les moucherons trouvent moins facilement les déchets frais.

    Pressez une poignée de compost pour contrôler l’humidité. Si plusieurs gouttes coulent, mélangez de la matière sèche. Vous pouvez aussi ajouter du compost sec. Réduisez ensuite les apports pendant quelques jours.

    Si la matière devient sèche et se détache en poussière, humidifiez-la légèrement au vaporisateur. Arrêtez dès que la litière a le toucher d’une éponge essorée.

    Les consignes varient selon le système :

    • un bokashi accepte des déchets refusés par un lombricomposteur ;
    • un composteur partagé suit les règles fixées par son responsable.

    Une surveillance régulière limite les nuisances

    Équilibre et nuisances

    Une odeur forte signale en général un excès d’humidité. Elle peut aussi venir d’un manque d’air ou d’une accumulation de déchets frais. Retirez les poches très humides. Ajoutez du carton sec et mélangez doucement les matières.

    Les moucherons apparaissent lorsque les déchets restent accessibles en surface. Découpez les apports et recouvrez-les de litière. Ajoutez du carton sec après chaque apport humide.

    Un couvercle fermé ne suffit pas à corriger un déséquilibre. Le bac doit garder ses aérations ouvertes. Il doit aussi laisser le liquide s’écouler vers le compartiment inférieur.

    Les vers peuvent remonter sur les parois lorsque le milieu leur convient moins. Contrôlez d’abord la température, l’humidité et l’odeur. Vérifiez aussi la présence d’aliments irritants.

    Routine d’entretien

    Aérez le contenu au moins une fois par mois. Soulevez les matières avec une petite fourchette ou un outil propre. Ne retournez pas les bacs brutalement.

    Contrôlez le fond du bac chaque semaine au début. Vérifiez que le robinet ne se bouche pas. Le liquide ne doit pas stagner autour des vers.

    Récoltez le liquide dès qu’il s’accumule. Conservez-le dans une bouteille fermée. Diluez-le au dixième avec de l’eau avant de l’utiliser pour l’arrosage.

    En période chaude, déplacez le bac à l’ombre et surveillez le dessèchement. En période froide, rentrez-le si la température approche du gel. Les vers deviennent inactifs et peuvent mourir.

    Avant une absence de quelques jours, donnez un apport modéré. Ajoutez une couche de litière. Pour une absence plus longue, demandez à une personne de contrôler l’humidité et la température du bac.

    Le compost mûr et le jus se récupèrent séparément

    Récolte et utilisation

    Le compost mûr apparaît après environ quatre mois dans de bonnes conditions. Il est brun foncé et grumeleux. Son odeur rappelle celle de la terre humide.

    Pour récolter un bac, placez-le au-dessus d’un bac contenant les déchets frais. Exposez le bac récolté à la lumière quelques minutes. Les vers descendent alors vers la matière protégée.

    Retirez le compost par fines couches avec la main ou un petit transplantoir. Replacez les vers restants dans le bac actif. Remettez une litière humide dans le bac vidé.

    Le compost mûr peut servir de trois façons :

    • incorporé en petite quantité dans le terreau
    • étalé en surface autour des plantes
    • utilisé comme paillage ou au potager

    Le liquide récupéré dans le bac inférieur n’est pas identique au compost solide. Diluez-le avant l’arrosage. Évitez de l’appliquer pur sur les racines.

    Bokashi et matière fermentée

    Laissez les déchets fermenter au moins trois semaines dans le bokashi fermé. Ouvrez le seau le moins souvent possible et tassez les apports pour limiter l’air entre les couches.

    La matière obtenue reste acide. Ce n’est pas un compost mûr. Enfouissez-la dans un sol sans plantation ou placez-la dans un composteur classique.

    Prévoyez un bac de terre ou un accès à un composteur partagé avant de commencer le bokashi. Sans ce débouché, le seau ne règle pas la destination finale des déchets.

    Les erreurs de départ viennent surtout des mauvais apports

    Erreurs de choix et de démarrage

    Deux systèmes conviennent aux débutants en appartement :

    • Le lombricomposteur : vous obtenez un compost utilisable directement, dans un espace réduit.
    • Le bokashi : il convient si vous manquez de place et disposez déjà d’un sol ou d’un composteur pour la seconde étape.

    Vérifiez le volume, l’emplacement et la destination des matières avant d’acheter. Un petit logement sans plante ni composteur voisin peut mieux convenir à la collecte locale.

    Ne nourrissez pas les vers dès le premier jour. Attendez leur acclimatation et commencez par quelques poignées coupées en petits morceaux.

    Ne remplissez pas le bac jusqu’au couvercle. Laissez circuler l’air, ajoutez les matières progressivement et utilisez les étages prévus par le modèle.

    Problèmes et corrections

    Un bac trop humide se corrige avec du carton sec, une aération douce et une réduction temporaire des apports.

    Attention : ne versez pas d’eau supplémentaire tant que la matière reste collante ou brillante.

    Une odeur de fermentation ou de pourriture demande un contrôle immédiat des déchets interdits. Retirez les restes concernés. Ajoutez de la litière sèche et espacez les apports.

    Des moucherons indiquent souvent que les déchets restent visibles. Recouvrez-les, nettoyez le bord du bac et gardez le couvercle fermé entre deux apports.

    Un balcon exposé au soleil peut vite dépasser la plage favorable aux vers. Déplacez le bac à l’intérieur ou protégez-le dans un espace ombragé et ventilé.

    Pendant une absence, ne surchargez pas le bac avant de partir. Un apport trop important fermente plus vite et augmente le risque d’humidité excessive.

    Avant d’acheter un bac, consultez le site de votre mairie ou de votre intercommunalité. La collecte locale peut répondre à votre besoin sans matériel à acheter. Si vous optez pour le lombricomposteur, prévoyez dès l’achat un débouché pour le compost et le liquide.

    Foire aux questions

    Comment faire un compost dans son jardin ?

    Installez un composteur en bac directement sur le sol, dans un endroit mi-ombragé. Un composteur de jardin donne un compost mûr en six à neuf mois.

    Alternez les déchets humides avec des matières sèches, mélangez régulièrement et contrôlez l’humidité.

    Que deviennent les biodéchets déposés dans une borne ?

    La collectivité les collecte séparément et les envoie vers une installation de compostage ou de méthanisation.

    Selon la filière locale, le traitement donne du compost, du digestat ou du biogaz.

    Quelles sont les 3 règles d’or du compostage ?

    Trois repères suffisent : équilibrer l’humide et le sec, couper les apports, garder la matière aérée.

    Si plusieurs gouttes coulent quand vous pressez une poignée, ajoutez de la matière sèche avant tout nouvel apport.

    Sources

    Portrait de Clément Ledey

    Clément Ledey

    Directeur de la publication

    Attaché aux produits, aux tables simples et aux méthodes qui tiennent sans matériel spécial, il coordonne les sujets et relit chaque publication.

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